Extrait n°12 du livre Crucial Accountability | VitalSmarts France

Crucial accountability

19 septembre 2019

Extrait n°12 du livre Crucial Accountability

Parution en Septembre 2019

Oui mais comment défier l’autorité d’un supérieur ?

« Oui mais, que faire … je ne suis toujours pas à l’aise pour dire ce que je pense à mon chef, exprimer un désaccord ou le reprendre quand il a tort. Je pourrais m’en mordre les doigts. »

La difficulté

Quand on n’est pas d’accord avec quelqu’un, on a tendance à pécher par excès de prudence : ne vaut-il pas mieux se taire et encaisser plutôt que de s’exposer et risquer d’aller au-devant d’ennuis ?  Ce cas de figure ne se limite pas à des rapports de nature hiérarchique car le silence est souvent une porte de sortie qui est également choisie dans le cas de relations personnelles. Un être cher ne pourra pas nous faire perdre notre travail, mais peut couper les ponts, ce qui est parfois bien plus douloureux.

La solution

Avant de vous donner des conseils, sachez tout d’abord que nous avons-nous aussi au fil des ans rencontré des supérieurs autoritaires, imbus de leur personne, dont le but principal était de contrôler tout ce qui était possible de contrôler et pour lesquels tout ce qui pouvait contrarier cet objectif constituait une menace. Avec ce genre de personnes, vous avez le choix soit de composer avec eux, soit de partir (nous y reviendrons dans un instant). Ceci dit, il existe beaucoup moins de personnes de cette trempe qu’on ne le croit. Dans 90% des cas, on peut éviter qu’un supérieur se mette sur la défensive quand on lui donne un feedback. Nous avons observé des gens qui ont su trouver la manière de s’y prendre et ce même avec des supérieurs à priori perçus comme des Monsieur ou Madame Je Sais Tout Sur Tout. Leur réussite n’était pas tant liée à leurs compétences ou leur personnalité, qu’à leur capacité à rassurer leurs supérieurs et à se mettre à leur place.  Ils s’intéressaient plus aux répercussions du comportement pour le chef qu’aux répercussions que le comportement avait pour eux.

Influencer la motivation devenait alors une chose aisée car les conséquences naturelles susceptibles de toucher leur supérieur étaient clairement identifiées. Ramener les choses à soi ne permet pas d’avoir la compassion nécessaire à la réussite d’un échange. Si vous ne vous demandez pas ce que vous voulez pour l’autre, vous ne parviendrez pas à instaurer un climat propice au dialogue. Oubliez les procès d’intention et faites-preuve d’empathie et de remise en cause.

Influencer une personne plus puissante n’est pas affaire de pouvoir mais simplement affaire de cœur !

Revenons maintenant à la remarque que nous avons faite, à savoir que nous avons le choix de composer ou de partir. En réalité, il n’y pas seulement deux choix, mais quatre : se plaindre à qui veut l’entendre, aborder le problème dans une conversation, composer avec le problème ou … partir. Le plus mauvais choix est de décider de se plaindre car cela n’arrange rien, cela ne fait qu’amplifier les choses ce qui finit en général par avoir un effet sur la santé morale ou physique. Le meilleur choix est d’aller au dialogue, mais ça vous vous en doutiez déjà, n’est-ce pas ? Mais que veut-dire composer ou partir ? Ce sont les choix qui se présentent si la conversation ne porte pas ses fruits, malgré tous les efforts réalisés pour en parler.

Vous avez perdu l’espoir que la situation puisse se résoudre, il ne reste donc plus qu’à faire avec ou partir. Partir c’est ce que font tous ces couples qui décident de se séparer ou les millions de personnes chaque année dans le monde qui décident de quitter leur entreprise. Faire avec sous-entend qu’au fond le problème n’est pas suffisamment grave pour mettre un terme à la relation. Vous n’allez pas demander le divorce, ni quitter votre poste mais vous n’allez pas non plus rester assis les bras croisés à vous plaindre.

Composer nécessite de changer son histoire et de reconnaître que personne n’est parfait, nous ne le sommes pas non plus, nous-même. Donnons aux autres le crédit que mérite tout être humain. Si nous ne sommes pas parvenu à trouver un terrain d’entente avec notre chef, notre conjoint ou quiconque d’autre d’ailleurs, c’est parce que nous sommes deux personnes sensées qui avons simplement des perspectives différentes des choses. Faire avec n’est pas faire semblant.  Quand on fait avec, on accepte la situation, on arrête de gémir, de jouer la victime, de s’apitoyer sur son sort, de dire du mal de l’autre car tout ça c’est se plaindre, et se plaindre, c’est procéder au moins bon de tous les choix.

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